Ces épisodes génèrent des exodes plus ou moins massifs à l’intérieur des pays concernés (déplacés internes) et vers l’étranger (réfugiés) [1].
L’Afrique est le continent qui accueille le plus grand nombre de réfugiés dans le monde : 2,7 millions [2]. Après l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest est en 2004, la deuxième région d’asile du continent avec 725 000 réfugiés. Ce chiffre ne tient pas compte des nombreux mouvements transfrontaliers quotidiens de personnes effectuant des allers-retours entre leur lieu de travail et les camps de réfugiés le long des frontières, zones de repli pour la nuit. D’une année sur l’autre, les statistiques connaissent de fortes variations. La Guinée est pendant la décennie 1990 soumise aux flux de réfugiés fuyant le Liberia puis la Sierra Leone voisins. Au cours de la même période la Côte d’Ivoire accueille un grand nombre de ressortissants libériens contraints à se déplacer vers le Ghana depuis 2002. En 2005, le Tchad recueille 225 000 Soudanais.
Parce qu’ils sont le fait de populations démunies fuyant dans l’urgence, les flux de réfugiés ouest-africains sont principalement dirigés vers les pays limitrophes, notamment le pays frontalier le plus proche. La part de ceux qui disposent des moyens pour se rendre dans les pays développés pour y demander asile est marginale. L’expérience montre que la volonté de retour est très présente (près de 600 000 Libériens sont retournés dans leur pays en 2004). Plus l’exil est long, plus les réfugiés exercent des activités économiques localement, tissent des liens sociaux et se sédentarisent dans la zone ou le pays d’accueil. Ces populations dont certaines avec le temps ne bénéficient plus de statut de réfugié, deviennent alors des migrants.
[1] Au niveau mondial, les réfugiés représentent 4,6% de la population migrante (9,2 millions sur 200). 70% d’entre eux vivent dans un pays développé. Même si ce chiffre reste très élevé, il est en diminution nette depuis 2000 (-24%). En Afrique de l’Ouest, la proportion de femmes réfugiées s’élève à 52,7%
[2] Les données concernent la population en possession du statut de « réfugiés » au sens du HCR en excluant donc d’autres populations comme les apatrides, les déplacés internes, les rapatriés, etc.
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