L’Afrique est également une terre de jeunes. En 2005, 60 % de la population subsaharienne avait moins de 25 ans contre 30 % en Europe.
Beaucoup de pays développés sont au contraire en voie de dépeuplement. L’Union européenne ne fait pas exception. Selon Eurostat, aucun pays membre de l’UE (Irlande mise à part) n’atteint le taux de fécondité de 2,1 enfants par femme nécessaire au renouvellement de la population. Dans l’hypothèse d’une immigration zéro, l’UE perdrait 3 % de sa population soit 15 millions d’habitants d’ici à 2030 [2].
Les Nations unies proposent, quant à elles, des projections prenant en compte des taux d’immigration comparables à ce qu’ils sont aujourd’hui. Ces calculs montrent que si la population de l’UE augmenterait de 1,5 % en 2030 (8 millions d’habitants en plus), ceci n’empêcherait pas l’Italie de perdre 2,6 millions d’habitants, la Pologne 2,3 millions, l’Allemagne 1,2 million, etc. Certains pays font exception comme l’Irlande, la Grande-Bretagne et la France. Cependant, pour tous, le vieillissement de la population pose le problème du maintien de la population active à un niveau acceptable. Certains scénarios sont inquiétants : ainsi, l’UE à 25 pourrait-elle perdre 48 millions d’actifs entre 2020 et 2050 [3]. Ce scénario médian montre que la population active potentielle de l’UE diminuerait après 2015. L’indice de remplacement des actifs passerait de 1,1 actuellement à 0,76 en 2020.
Face à ces perspectives, l’Union européenne réunie à Lisbonne en 2000 [4], s’est engagée dans un processus de valorisation maximale de la population active potentielle des pays membres. Ces derniers se sont fixés comme objectif d’atteindre le taux d’activité de 70% de la population en âge de travailler en 2010. Les évaluations à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne montrent que ces objectifs ne seront pas atteints dans bon nombre de pays membres. Afin de combler une lacune de mains d’oeuvre évaluée à 13 millions pour atteindre les objectifs de 2010, l’entrée de 43 millions de migrants serait nécessaire [5].
Si les débats d’experts ne sont pas clos sur le niveau exact des besoins européens en main-d’œuvre, l’idée que l’Europe doit relever le défi d’une démographie en perte de vitesse et d’un besoin de population active venue de l’extérieur est une idée désormais communément admise.
[1] Définition de l’Europe par les Nations unies : 47 pays y compris la Fédération russe mais non comprise la Turquie.
[2] Par exemple : Espagne (- 1,6 million d’hab.), Italie (- 5 millions), l’Allemagne (- 7,5 millions). Aucun pays n’atteint une véritable dynamique démographique, même si certains s’en sortent mieux que d’autres, notamment l’Irlande et la France.
[3] Scénario médian de la Division de la Population des Nations unies 2004.
[4] Conseil européen extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement tenu les 23 et 24 mars 2000 sur le thème « emploi, réforme économique et cohésion sociale, pour une société de l’innovation et de la connaissance ».
[5] Feld, 2004
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