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Progrès et espoirs

Surveillance épidémiologique accrue, accès amélioré aux soins de santé et aux conditions de vie saines, éducation pour la prévention des maladies dont l’éducation des jeunes filles et des femmes, vaccination des enfants, priorité accordée aux services de soins périnataux et pédiatriques : voici autant de mesures qui permettent de changer l’image de l’Afrique dans le domaine de la santé.

Parmi les nombreuses maladies qui décimaient la population africaine, beaucoup deviennent rares voire sont en voie de disparaitre dans plusieurs pays. Ainsi, la poliomyélite n’est plus significativement présente qu’au Nigeria. La fièvre jaune semble, elle aussi, en voie de disparition, la plupart des épidémies déclarées récemment sont rares et de faible ampleur. La lèpre, maladie qui faisait des ravages en Afrique, est presque éliminée (moins de 1 cas/100 000 habitants rapportés par pays). L’onchocercose, elle aussi, est sous contrôle. Quant au VIH/Sida, des dizaines d’années de prévention et de mobilisation mondiale ont finalement réussi à ralentir l’épidémie.

Ces progrès accomplis dans la lutte contre les maladies transmissibles et dans l’amélioration de l’accessibilité aux services de santé se sont concrétisés par une importante réduction de la mortalité infantile, qui a été divisée par deux depuis les années 70. Le maintien des efforts des pays africains et de la communauté internationale est une condition nécessaire pour maintenir et renforcer ces acquis et permettre aux Africains de vivre dans des conditions dignes.

Il faut cependant rester vigilant car la lutte contre les grandes maladies transmissibles n’est pas terminée – la résurgence de certaines maladies, comme la tuberculose, le montre bien. Des interruptions dans les campagnes de vaccination (poliomyélite au Nigeria), l’émergence du Sida, l’arrêt de la lutte anti-vectorielle (trypanosomiase) sont autant de facteurs déstabilisateurs qui peuvent facilement annihiler les fragiles victoires des dernières décennies.

Parmi les facteurs de lutte contre les maladies, le renforcement du personnel de santé en nombre et en compétence est essentiel : on estime que l’Afrique de l’Ouest compte en moyenne 0,12 médecin pour 1 000 habitants contre par exemple 2,3 au Royaume-Uni ou 5,9 à Cuba (record du monde). Formulé autrement, en moyenne, 1 médecin est disponible en Afrique de l’Ouest pour 8 300 habitants contre 1 pour 435 au Royaume-Uni.

Les disparités régionales sont très importantes. Le Nigeria qui abrite 45 % de la population régionale regroupe à lui seul 70 % des médecins ouest-africains. Le Cap Vert est de loin dans la meilleure position (1 médecin pour 2 000 personnes) alors que la situation de pays comme le Niger, le Liberia, la Sierra Leone est critique (moins de 1 médecin pour 33 300 habitants) ; certains progrès ont été enregistrés au Cameroun ou au Sénégal mais la situation est encore à améliorer.

L’accès à des conditions de vie saine et à l’eau potable constitue aussi des facteurs essentiels. En Afrique, seulement 60 % de la population totale a accès à l’eau potable (85 % de la population urbaine et 45 % de la population rurale), taux cependant en légère amélioration par rapport à 1990, particulièrement en Afrique de l’Ouest.

Les maladies diarrhéiques y compris le choléra tuent chaque année à peu près 800 000 personnes en Afrique dont 90 % sont des enfants de moins de cinq ans. 88 % de ces maladies sont imputables à la mauvaise gestion de la qualité de l’eau, d’un assainissement insuffisant et d’une hygiène défectueuse. On estime que l’accès à une eau de qualité pourrait baisser de 30 % le taux de morbidité en Afrique.

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