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Bassins de production transfrontaliers et corridors de transit

Le coton est cultivé dans l’ensemble des zones sub-humides et semi-arides bénéficiant d’une pluviométrie annuelle comprise entre 500-700 mm et 1 200-1 500 mm.

Ceci explique pourquoi on retrouve cette culture aussi bien dans les zones septentrionales des pays côtiers (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Nigeria, Togo) que dans les zones méridionales des pays enclavés (Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad). Le coton est également cultivé dans le Centre voire le Sud du Bénin et du Togo, épousant les caractéristiques pluviométriques de cet espace.

Ces déterminants environnementaux font des zones cotonnières ouest-africaines des bassins essentiellement transfrontaliers. Le plus important d’entre eux se situe aux confins du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Le Bénin et le Togo se partagent l’essentiel du second. Le troisième est centré sur le Nord Cameroun et le Sud Tchad. Le quatrième est essentiellement nigérian. Un cinquième bassin, bien que marginal sur le plan régional, peut être dessiné entre le Sénégal, l’Est de la Gambie, une partie du Nord de la Guinée et du Nord-Est de la Guinée Bissau. Certains de ces espaces sont soudés par des liens socio-culturels très puissants : espace Houssa entre le Nigeria et le Niger, ou l’aire Sénoufo entre la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Ces bassins transnationaux sont parsemés d’usines d’égrenage (on en dénombre près de 100 en Afrique de l’Ouest, contre 1 000 aux Etats-Unis dont la production de coton graine est quatre fois plus élevée). C’est à partir de ces usines que le coton est transporté, par la route ou le chemin de fer, vers les ports des pays côtiers. Jusqu’en 1999, la plupart du coton sahélien était exporté par le port d’Abidjan. La crise ivoirienne a poussé les acteurs économiques à utiliser d’autres corridors de transit. C’est le cas du coton burkinabè qui s’est orienté sur le port de Lomé et dans une moindre mesure sur celui de Tema.

Ces exportations dégagent des ressources extérieures (et budgétaires) non négligeables pour les économies nationales et ont des impacts variés dépendant de leur structure économique.

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