Les années 1850 sont d’abord marquées par un doublement du prix mondial sous l’effet du développement rapide de l’industrie textile en Europe et de troubles importants en Inde (révolte des soldats indiens servant dans la compagnie des Indes orientales).
Puis, la guerre de sécession aux États-Unis (1861-1865) prive le marché d’une source importante d’approvisionnement. La fin des hostilités fait certes provisoirement baisser les cours mais augure d’une ère nouvelle du fait de la disparition du travail non rémunéré des esclaves. Les puissances européennes se tournent alors vers leurs colonies africaines sous l’impulsion des lobbys industriels.
Dès les années 1860, une association pour le développement de la culture du coton est créée à Manchester à l’initiative d’un groupe d’industriels inquiets des difficultés d’approvisionnement. Rapidement des essais sont lancés en Gambie et en Sierra Leone, puis au Nigeria.
En 1903, les Anglais établissent au Nigeria la British Cotton Growers Association (BCGA). Quant à l’administration française, elle se tourne d’abord vers la vallée du Sénégal où les Soninkés disposent d’une longue tradition cotonnière, puis la Casamance ; sans succès.
Dans les années 1930, les travaux de construction de l’Office du Niger au Mali sont d’abord conçus pour la production de coton. Là encore les espoirs sont déçus. Ce sont finalement les savanes d’Afrique Équatoriale Française (AEF) entre le Cameroun, le Tchad et la RCA qui accueillent le premier grand bassin cotonnier.
Ce dernier restera le plus important de la région jusque dans les années 70 (42 %) devant le bassin nigérian (38 % de la production ouest-africaine).
Ce n’est qu’après les indépendances que le coton se développe plus à l’ouest sous l’effet de politiques volontaristes largement inspirées par les anciennes métropoles dont les industries textiles sont demeurées florissantes jusqu’à l’orée des années 1980. Ces politiques s’appuient sur des entreprises parapubliques dont les activités de soutien et d’encadrement serré des producteurs portent sur la vulgarisation, la recherche, l’appui à la commercialisation, etc.
Au cours des quarante-cinq dernières années, les superficies consacrées à la culture cotonnière ont pratiquement quadruplé, passant de 800 000 à 3 millions d’hectares. Autrement dit, les superficies cotonnières sont passées de 1,5 % à 3,5 % des terres arables en Afrique de l’Ouest. Comparativement, les cultures céréalières telles que le maïs, le mil et le sorgho sont respectivement cultivées sur 9, 16 et 14 millions d’hectares. L’extension des surfaces cultivées en coton s’est accompagnée d’une augmentation tendancielle des rendements de 400 kg/ha au début des années 1960 à 1 tonne/ha aujourd’hui.
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