Dans la très grande majorité des cas, le coton est produit avec relativement peu de moyens et une main-d’œuvre familiale faiblement rémunérée par rapport aux pays développés. Ce constat global masque certaines hétérogénéités dans les types d’exploitations : si les petites exploitations familiales peu ou pas équipées forment la très grande majorité des exploitations, des plantations un peu plus grandes (2 à 5 ha) se sont développées grâce à la culture attelée. Il existe également un petit nombre d’exploitations de 20 à 30 ha disposant d’une main-d’œuvre familiale nombreuse, avec un équipement agricole important en culture attelée et parfois motorisée.
La production de coton n’est jamais ou presque l’activité unique d’une exploitation même si elle en reste souvent l’élément pivot. Elle a suscité le développement de la pratique d’une culture mixte en association avec le mil, le sorgho et plus récemment le maïs. La succession coton/céréales sur une même parcelle permet aux céréales de bénéficier de l’arrière-effet des engrais du coton. Ceci explique dans une certaine mesure pourquoi les productions de coton et de céréales ont suivi la même tendance depuis les années 1980.
Dans les savanes sub-humides peu peuplées, l’apparition des cultures à vocation commerciale a permis le développement de la traction animale car ces activités autorisaient l’acquisition de revenus nécessaires à l’achat du matériel et des animaux. Dans le cas des fronts pionniers cotonniers, la culture attelée est utilisée pour limiter l’enherbement en labourant avant le semis et en effectuant les sarclages mécaniques [1]. Cependant, toutes les zones cotonnières de la région ne sont pas uniformément touchées par le phénomène ; les taux record d’utilisation de la traction animale se situant au cœur du principal bassin cotonnier ouest-africain : près de 60 % des exploitations cotonnières au Burkina Faso, 85 % au Mali [2].
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