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L’industrie textile

La production cotonnière ouest-africaine est globalement peu valorisée [1], une grande partie des fibres produites étant exportées sur le marché international.

Cependant, la situation est très différente entre les pays francophones (plus de 90 % du coton est exporté sous forme de fibres) et les pays anglophones. Sur la période 1993/94-2003/04, respectivement 90 % et 65 % du coton nigérian et ghanéen était en effet consommé localement par le tissu industriel.

Si les premières unités industrielles ont été implantées à partir des années 1950, c’est au cours de la période 1965-1985 que l’Afrique de l’Ouest voit naître et se développer l’industrie textile sous l’effet de politiques volontaristes menées par les États. A cette période « faste » succéderont des années difficiles marquées par la crise des entreprises publiques, l’ajustement structurel, la dévaluation du franc CFA ainsi que la concurrence de la friperie en provenance des pays développés et du textile asiatique. Cette situation a amorcé un processus de désindustrialisation : au sein de la zone UEMOA, on dénombrait 41 unités industrielles en 1980, contre une vingtaine en fonctionnement aujourd’hui. Au Nigeria, les professionnels du secteur s’inquiètent également. Si en 1999, on pouvait recenser une centaine d’usines, la plupart à Lagos et Kaduna, aujourd’hui seule une vingtaine ou une quarantaine demeure en fonctionnement selon les sources. Deux tendances contradictoires se dessinent à l’avenir : les accords de l’AGOA [2] et la mise en œuvre d’une politique régionale de valorisation de la chaîne textile au niveau de l’UEMOA seraient de nature à renforcer les activités industrielles de la région [3]. Mais par ailleurs, la fin des accords ATV devrait exacerber la concurrence des pays compétitifs tels que l’Inde ou la Chine à moins de promouvoir une politique commerciale régionale cohérente avec la stratégie industrielle.

Au-delà du niveau industriel, le secteur du tissu et de l’habillement traditionnels (filage, teinture, fabrication de tissus, vente, etc.) est le deuxième plus grand employeur d’Afrique de l’Ouest, après l’agriculture. Entre 65 et 70 % des artisans maliens, 50 % des artisans burkinabè et 30 à 40 % des artisans ghanéens travaillent dans le secteur du textile traditionnel [4].

[1] Si l’industrie textile est seule abordée ici, il convient de rappeler que la graine de coton est largement transformée en Afrique de l’Ouest, notamment pour en extraire l’huile de coton à des fins de consommation alimentaire humaine et les tourteaux de coton destinés à l’alimentation du bétail ; ces activités seront traitées dans un autre chapitre de l’Atlas. L’huile de coton arrive avec 3,9 millions de tonnes au 5ème rang mondial de la consommation d’huile alimentaire. Les tourteaux se situent au 2ème rang mondial de la consommation animale derrière le soja.

[2] AGOA : African Growth Opportunity Act. Promulguée le 18 mai 2000 par le Président Bill Clinton, cette loi permet à des pays d’Afrique subsaharienne d’exporter vers les Etats-Unis d’Amérique, sans douane, ni contingent, des produits répondant aux règles d’éligibilité et d’origine définies. 14 pays de l’Afrique de l’Ouest y sont aujourd’hui éligibles.

[3] La stratégie de développement textile de l’UEMOA prévoit « une industrie textile régionale dynamique, transformant 25 % de la production cotonnière locale, générant 50 000 emplois industriels... ». Voir étude d’identification et de promotion d’unités industrielles régionales dans la filière coton de l’UEMOA (mars 2003).

[4] Igue J. (2004) : Le secteur textile traditionnel en Afrique de l’Ouest.

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