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Un avenir deux fois régional

La place de l’Afrique de l’Ouest sur le marché international et les perspectives de développement de la filière cotonnière au niveau régional et international dépendent d’un certain nombre de facteurs internes et externes (émergence de nouveaux pays producteurs, développement du coton biotechnologique, concurrence des fibres synthétiques, taux de change euro/dollar, cours du pétrole, etc.).

Parmi ces facteurs, la lutte contre les subventions agricoles a constitué un enjeu majeur et très médiatisé pour le coton ouest-africain. Les résultats obtenus dans le cadre des négociations du cycle de Doha sur le coton sont relativement encourageants. Les pays ouest-africains avec la collaboration des représentants des ONGs et des organisations professionnelles ont su démontrer qu’ils pouvaient avoir une influence sur les décisions prises dans les instances internationales. En effet, selon le communiqué officiel de l’OMC lors de la rencontre ministérielle de Hong-Kong en décembre 2005 :

Bien que les négociations commerciales menées dans le cadre du cycle de Doha soient actuellement suspendues, l’enseignement majeur du processus mené au sein de l’OMC est qu’une entente régionale est indispensable. Cette coopération, qui a impliqué directement quatre pays producteurs ouest-africains (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad), mérite d’être élargie aux autres pays producteurs ouest-africains. Parlant d’une même voie, l’ensemble de ces pays seraient en mesure de faire valoir comme il se doit les intérêts du troisième exportateur mondial qu’est l’Afrique de l’Ouest. L’avenir est donc à une Politique Cotonnière Commune face aux défis du marché mondial, particulièrement chinois [1] et face à l’enjeu de la « renaissance » de l’industrie textile dans la région.

L’avenir du coton ouest-africain se jouera également sur la qualité de la fibre, et le rapport coût/qualité, sur la durabilité des systèmes cotonniers et la capacité des filières cotonnières ouest-africaines à s’organiser pour répondre à la demande. Une approche de ces enjeux par terroir cotonnier, c’est-à-dire par bassin transfrontalier, mériterait qu’on s’y attarde.

L’avenir du coton ouest-africain peut donc être perçu comme « deux fois régional » ; régional au niveau « macro » pour que l’Afrique de l’Ouest puisse faire valoir ses positions dans le concert international, régional également au niveau des bassins transfrontaliers de production.

[1] Selon les perspectives actuelles, la demande et les importations chinoises de coton devraient se maintenir à un niveau élevé d’ici à 2010. L’Afrique de l’Ouest semble avoir pris la mesure de ce changement : 46 % de son coton était destiné à la Chine en 2004, contribuant à près de 20 % des importations totales de ce pays. Cette situation sera-t-elle durable ? L’Afrique de l’Ouest bénéficiera-t-elle de cette nouvelle configuration ?

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