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Migrations internationales : de l’échelle mondiale à l’échelle africaine

En 2005, on compte 200 millions de migrants dans le monde, soit 3 % de la population de la planète. Ce nombre a plus que doublé depuis 1970. La décennie 1980 se distingue par une forte croissance (100 millions en 1980, 150 millions en 1990). Depuis, le rythme de la croissance a retrouvé des niveaux comparables à ceux des années 1960 et 1970.

Le boom migratoire des années 1980 doit beaucoup au démembrement de l’ex-Union soviétique et au développement de la mobilité au sein du continent asiatique (en particulier vers l’Inde). Les régions d’accueil sont actuellement par ordre décroissant : l’Asie (44 millions), l’Amérique du Nord (41 millions), l’Europe (33 millions), les territoires de l’ancienne URSS (30 millions) puis l’Afrique (16 millions).

Plus de la moitié des migrants sont concentrés dans 15 pays d’accueil. Les États-Unis sont en tête de cette liste. Ce pays s’est construit sur l’immigration, accueillant parfois plusieurs millions de personnes chaque année entre le milieu du XIXème siècle et le début des années 1920 [1]. Malgré une baisse tendancielle des flux, les USA demeurent un grand pays d’accueil [2] : environ 35 millions de migrants y vivent actuellement. Seuls trois autres membres du G7 figurent dans la liste des principaux pays d’immigration aux côtés de pays moins développés mais disposant d’un statut de pôle économique régional (comme la Côte d’Ivoire en 14ème position avec 2,4 millions de migrants).

Les pays de l’OCDE, aux économies les plus riches et aux modes de vie les plus attractifs, accueillent un peu moins de la moitié des migrants recensés dans le monde (97 millions en 2000). 40 % de ces derniers sont originaires d’un autre pays de l’OCDE. Le phénomène migratoire est loin d’être exclusivement orienté du Sud vers le Nord.

Les migrations africaines dans les pays développés

La migration africaine occupe une part marginale des migrations vers les pays développés. En 2004, les immigrants africains, officiellement recensés dans les pays de l’OCDE, sont au nombre de 7,2 millions, soit 13 % des immigrés originaires des pays non membres de l’organisation. Parmi eux, on compte 3,8 millions de nord-Africains et 3,4 millions de Subsahariens [3]. Cette immigration est très concentrée : neuf pays de l’OCDE accueillant 90 % des Africains qui y sont expatriés.

En Amérique du Nord, l’immigration africaine est quantitativement importante (1,2 million de personnes) mais faible en comparaison d’autres communautés. Ainsi par exemple, aux Etats-Unis, en 2000, on compte 8 millions de Mexicains et 900 000 Africains ; au Canada, 300 000 Africains, 750 000 Chinois, 150 000 Vietnamiens.

Dans quatre pays européens, les migrations africaines sont significatives sans être majoritaires :

  • Si aux Pays-Bas, les trois communautés étrangères les plus importantes (hors pays développés) viennent du Surinam, de l’Indonésie et de la Turquie (environ 200 000 personnes pour chacune d’entre elles), la communauté marocaine est importante (150 000 personnes).
  • En Espagne, les communautés sud-américaines sont deux fois plus importantes que les communautés africaines parmi lesquelles les marocains sont majoritaires (310 000 personnes).
  • Au Royaume-Uni, les ressortissants du sous-continent indien (1 million) surpassent en nombre ceux du continent africain (830 000). Trois communautés africaines atteignent environ 100 000 personnes : l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria.
  • L’Italie accueille 1,3 million d’immigrés des pays en développement. La plus nombreuse communauté immigrée provient de l’ancienne Yougoslavie (200 000), la seconde du Maroc (155 000). Les Africains représentent un tiers des immigrés.

Dans trois autres pays européens, plus de 50 % des immigrés originaires des pays en développement sont africains :

  • En Belgique, la principale communauté est marocaine (100 000 personnes), suivie par les communautés turque (70 000) et congolaise (RDC 40 000).
  • Au Portugal, l’immigration est majoritairement issue des anciennes colonies : la communauté angolaise domine (175 000), suivie par les Mozambicains (75 000), les Cap-Verdiens (45 000) et les Bissau-Guinéens (20 000). Hors Afrique, le Brésil compte la communauté la plus nombreuse soit 50 000.
  • En France, les Africains représentent plus de 75 % des immigrés originaires des pays en développement. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie totalisent 2,3 millions de personnes. Les communautés subsahariennes sont beaucoup moins représentées : le Sénégal (80 000), Madagascar (70 000), la Côte d’Ivoire (45 000), le Mali (40 000). La Turquie (180 000) et le Vietnam (115 000) représentent les communautés non africaines les plus nombreuses.

Grand pays d’immigration, l’Allemagne ne compte officiellement en 2000 qu’un peu plus de 100 000 Africains sur son territoire et plus d‘un million de Turcs.

[1] 1,5 million d’Irlandais embarquent pour les États-Unis en 1848, 1,3 million d’Italiens en 1913.

[2] En 2002, les entrées d’étrangers totalisent 1,06 million (OCDE 2004).

[3] Statistiques obtenues après traitement des données DELSA-OCDE pour les années 2000 hors Allemagne.

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