Ceci est principalement le fait de l’immigration de Nigérians et de ressortissants d’autres anciennes colonies anglaises. Le lien entre les ex-colonies françaises et leur ancienne métropole persiste, de même qu’entre le Portugal et ses anciens territoires ouest-africains.
L’analyse des pays d’accueil des 65 000 étudiants ouest-africains en troisième cycle universitaire dans les pays de l’OCDE, conforte cette observation. Si les francophones étudient majoritairement en France (de 84 % pour les Sénégalais à 52 % pour les Guinéens), les anglophones se rendent plus volontiers aux Etats-Unis (60 % des étudiants gambiens, 50 % des autres ressortissants des pays anglophones).
A l’origine temporaire, essentiellement peu qualifiée et masculine, l’émigration ouest-africaine est devenue plus durable sous l’effet des politiques de regroupement familial mises en œuvre par certains pays européens dans les années 70 et 80. Puis, elle s‘est enrichie de nouveaux modèles : davantage de femmes, d’étudiants et de personnes qualifiées. Avec le durcissement des politiques migratoires des pays traditionnels d’accueil, un processus de diversification des destinations s’est engagé dès le début des années 1990 vers les pays méditerranéens (Italie, Espagne) et l’Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada).
Les opportunités de la migration qualifiée : Les médecins ghanéens au chevet des patients anglais et américains [1]
Le « British Medical Journal » estime qu’entre 1993 et 2002, 410 pharmaciens, 630 médecins, 87 laborantins et 11 325 infirmiers ghanéens sont partis vers le Royaume-Uni. Cette tendance semble s’accentuer. Sur les 3 000 médecins formés au Ghana, la moitié se trouve à l’étranger (Royaume-Uni pour les médecins et États-Unis pour les infirmiers). Toutefois, un certain nombre de médecins ghanéens occupent des emplois sous-qualifiés dans les services médicaux anglais. Les retraités qui reviennent au Ghana ouvrent des cabinets privés délaissant les établissements publics. Les résultats d’une enquête auprès des étudiants en médecine montrent que 65 % d’entre eux souhaitent s’expatrier. Un dialogue s’est ouvert récemment entre le Ghana et le Royaume-Uni sur la faisabilité d’un visa permettant à certaines professions des migrations circulaires favorisant des retours temporaires dans leur pays d’origine pour des opérations pointues ou une formation du personnel. Cela permettrait d’aider à combler le manque de personnel médical dans le pays. D’ailleurs, on observe la présence de professionnels cubains dans les établissements ghanéens.
[1] Source : Entretiens avec les experts du ISSER, Université de Legon, Accra, Ghana.
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