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Langues

La prise en compte des langues nationales (en opposition aux langues réputées internationales que sont l’anglais, le français et le portugais) est-elle utile à la réflexion et à l’action en matière d’intégration régionale ? Le présent chapitre de l’Atlas de l’Intégration Régionale en Afrique de l’Ouest se propose de nourrir le débat à ce sujet.

A cet effet, nous avons réuni les meilleures données disponibles pour proposer une image des principaux espaces linguistiques. Les limites de cet exercice résident dans le fait que l’Afrique de l’Ouest est une région d’extrême mobilité. Les migrations [1] anciennes et contemporaines, l’urbanisation rapide mais aussi les mouvements des zones rurales fragiles vers d’autres zones rurales aux potentialités plus importantes font de cette région un espace en recomposition permanente dont il est difficile de traduire l’ensemble des nuances locales à l’échelle macro-régionale qui est la nôtre.

La question principale que nous abordons est celle des espaces à l’intérieur desquels les groupes de populations sont en mesure de se comprendre entre eux (intercompréhension).

La première étape de cette démarche consiste à identifier, au sein des familles linguistiques [2], les groupes de langue, puis les langues ; chaque langue étant composée de plusieurs dialectes. Le dialecte est la variation locale d’une même langue. Lorsqu’une langue est géographiquement très répandue, des dialectes situés aux extrémités opposées de son aire géographique peuvent être assez différents. On parle alors de continuum linguistique. La deuxième étape consiste à identifier les langues véhiculaires réputées être utilisées en seconde langue au-delà de leur foyer. Si cette définition est claire, la liste des langues véhiculaires est toujours sujette à débat. Les éditions ultérieures de ce chapitre de l’Atlas intégreront d’éventuels compléments ou éléments de discussion à ce sujet.

En ce qui concerne la classification et les nombres de locuteurs, nous nous référons ici aux travaux de Raymond Gordon dans le cadre du Summer Institute of Linguistic de l’Université de Dallas (USA). Le Department of African Studies de l’Université de Vienne (Autriche) a apporté ses connaissances spécifiques des langues ouest-africaines, sous la direction de M. Georg Ziegelmeyer avec l’appui de MM. Erwin Ebermann et Habiboulah Bakhoum.

[1] Voir le chapitre de l’Atlas consacré aux migrations internationales.

[2] Une famille linguistique est constituée d’un ensemble de langues parentes, descendantes d’une langue présumée commune.

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