Accueil > Espaces > Bassins fluviaux transfrontaliers

Bassins fluviaux transfrontaliers

Le sujet des eaux transfrontalières est l’un de ceux qui justifient avec la plus grande évidence, la nécessité d’aborder l’Afrique de l’Ouest au-delà des limites des organisations d’intégration régionale.

Les trois plus grands bassins fluviaux [1] de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), celui du Niger, du lac Tchad et du Sénégal dessinent en effet une géographie où la Mauritanie, le Tchad et le Cameroun sont solidaires de l’Afrique de l’Ouest institutionnelle. Cette solidarité régionale n’est d’ailleurs pas exclusive puisque le Sud-est du Cameroun dépend de l’immense bassin du Congo irriguant l’Afrique Centrale.

C’est pourquoi le terme « Afrique de l’Ouest » définit ici la région couvrant la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le Cameroun, le Tchad et la Mauritanie. Ces 18 pays couvrent une superficie de 7 800 000 km2 et ont une population totale de 290 millions d’habitants en 2005.

Pour diverses raisons et à diverses échelles, les pays de l’Afrique de l’Ouest sont dépendants les uns des autres. Au cours des dernières décennies, ces interdépendances ont généré des tensions mais aussi suscité des processus de dialogue et de coopération. L’analyse de ces processus de coopération régionale est au coeur de ce chapitre de l’Atlas. C’est en les développant que la région pourra le mieux se préparer à l’avenir dont beaucoup disent que l’eau sera l’un des grands enjeux.

La consommation mondiale d’eau douce est aujourd’hui de l’ordre de 5 500 km3 par an (l’équivalent d’un cube de 18 km de côté) ; elle était 4 fois inférieure il y a un demi-siècle. La consommation augmente beaucoup plus vite que la population pour trois raisons principales. D’une part, l’agriculture représente à elle seule près de 60 % de la consommation et elle est en progrès constant, y compris dans la plupart des pays en développement. En moyenne mondiale, pour produire un kilo de blé il faut environ 1 000 litres d’eau ; pour un kilo de viande, il en faut de 5 à 10 fois plus. La consommation industrielle ne cesse elle aussi de croître à un rythme élevé. Enfin, la consommation humaine (eau potable et usage sanitaire) augmente très rapidement du fait de l’amélioration constante des conditions de vie dans le monde.

Tous les spécialistes s’accordent à dire que la pression sur les ressources sera incomparablement supérieure dans 20 ans à ce qu’elle est actuellement. Il en sera ainsi en Afrique et en Afrique de l’Ouest en particulier. L’amélioration nécessaire et probable des conditions de vie de la population ouest-africaine, les progrès vers les Objectifs du Millénaire, la croissance agricole et le développement industriel, supposent une augmentation significative de la consommation d’eau.

[1] Un bassin fluvial ou bassin hydrologique est une portion de territoire à l’intérieur de laquelle tous les écoulements de surface se dirigent vers le même exutoire (cours d’eau ou lac). La ligne séparant deux bassins fluviaux est appelée "ligne de partage des eaux ".

CSAO/OCDE  CEDEAO-CSAO/OCDE©2006  • Plan du site  • Crédits  • Contact CEDEAO